La Confédération Africaine de Football (CAF) a officiellement annoncé ce samedi 20 décembre 2025 l’annulation du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), une compétition continentale exclusivement réservée aux joueurs évoluant dans les championnats locaux.
Une décision lourde de conséquences pour le football africain, qui prive les talents locaux de leur principale vitrine internationale.
Créé en 2009 pour valoriser les joueurs non expatriés et renforcer les championnats nationaux, le CHAN occupait une place stratégique dans l’écosystème du football africain. Bien plus qu’un simple tournoi, il constituait une opportunité rare d’exposition pour des milliers de joueurs, souvent issus de clubs peu médiatisés, et représentait un véritable tremplin vers des carrières professionnelles, en Afrique comme à l’étranger.
Les joueurs locaux, premières victimes
L’annulation du CHAN frappe de plein fouet les joueurs locaux, principaux bénéficiaires de cette compétition.
Pour beaucoup, le tournoi était la seule occasion de se montrer sur la scène continentale, sous les yeux des recruteurs, agents et sélectionneurs. Sa disparition réduit considérablement leurs chances d’évolution et de reconnaissance.
Un impact direct sur les clubs et championnats nationaux
Les clubs locaux ne sont pas en reste. Privés de cette vitrine continentale, leurs efforts de formation et de structuration risquent de perdre en visibilité et en valeur. Dans un contexte déjà marqué par des difficultés financières, médiatiques et organisationnelles, les championnats nationaux pourraient s’en trouver davantage fragilisés.
Dans plusieurs régions, notamment en Afrique centrale et de l’Est, le CHAN représentait la seule compétition continentale accessible aux joueurs évoluant sur place. Son annulation pourrait accélérer l’exode précoce des jeunes talents vers l’étranger, souvent dans des conditions peu favorables, et accentuer l’écart entre le football local et le football professionnel international.
Une question cruciale pour l’avenir
Cette décision de la CAF soulève désormais une interrogation majeure : quel avenir pour les joueurs locaux africains sans une compétition qui leur est exclusivement dédiée ?
Le développement durable du football africain passe nécessairement par l’investissement dans les championnats domestiques et la valorisation des talents locaux. L’annulation du CHAN laisse un vide immense dans cette dynamique. Reste à espérer que la CAF propose rapidement une alternative crédible afin de ne pas sacrifier toute une génération de footballeurs africains.
Michael LURHUMA





